A Berlin, ville qui, rappelons-le, a connu le racisme, la honte et la partition, on Yvonand.jpg se raconte en ce moment une triste fable, une histoire de clochers pas propre dans un joli pays touché par l’homophobie. Mais le plus homophobe n’est pas celui que l’on croit !

 

De Nollendorf à Schönhäuser, en passant par la Friedrichstrasse, on ne se raconte plus que ça ! L’histoire se déroule dans le nord du pays de Bœuf, un gentil canton francophone de Germanie con-fédérale. On savait que dans le nord bovin, on n’était pas très gay-friendly. Une affaire d’affiches de  prévention censurées avait prouvé de manière flagrante cette triste réalité sociale. Toutefois, on se disait que ce n’était le fait que de quelques pauvres ménagères incultes et d’esprits évangéliques rétrogrades.

Jouir de la liberté

La suite de la fable prend un tout autre tour. Le nord bovin était une terre pleine de charme et de beautés. On trouvait par exemple la petite bourgade balnéaire de Roseaux-la-Rive, site d’un tel pittoresque qu’il n’avait pas manqué d’attirer des visiteurs gay. Le lieu bénéficiait du reste d’une jolie et discrète réputation. Il n’était pas rare de trouver sur ces rivages des couples occasionnels de garçons enlacés parmi toute cette belle nature, jouissant de la liberté sacrée pour laquelle on avait fait la révolution et la seconde guerre mondiale au prix que l’on connaît. Et bien figurez-vous que sur cette plage gay-là, on ne voulait pas de n’importe qui !

Interdits aux pédés de la capitale

Dans la capitale bovine, les défenseurs de la cause gay s’étaient émus de l’homophobie sévissant dans le nord. Ils s’étaient donc mobilisés prêts à vanter, dans la foulée, les charmes bucoliques de la région, témoignant ainsi qu’au nord existait aussi la tolérance ! Mais c’était sans compter la notion médiévale du territoire de quelques gays installés dans le coin. Ces gens, mettant en avant les bénéfices d’un consensus avec les autorités locales, ont sommés les défenseurs de la cause gay de ne rien dévoiler de leur petit paradis de la turlute en plein air, parce que, chez eux, ils ne voulaient pas voir débarquer des hordes de sales pédés qui ne savent pas se tenir !

Juste une fable.

A Berlin, on s’émeut beaucoup de cette mauvaise fable, qui n’est pas sans rappeler quelques tristes réalités des années 30-40, lorsqu’il fallait prouver que jusqu’à ses grands-parents n’étaient pas juifs. Et parmi la communauté des opprimés, on trouvait des individus prônant le profil bas et la collaboration ; cela ne les a pas épargnés, ils y ont juste perdu honneur et dignité. Si ça n’avait pas été une fable – personne n’a jamais entendu parler du canton de Bœuf  ni de la Germanie con-fédérale – il y aurait eu de quoi s’inquiéter !

Le porcelet masqué

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